Les premières courses de roller voient le jour aux USA en 1884 et sont organisées jusqu’au début des années 30. La crise de 29 contribue à l’émergence d’une nouvelle course d’endurance : un marathon de danse où des couples s’affrontent jusqu’à épuisement afin de gagner quelques dollars. Léo Seltzer a l’idée de s’inspirer du business des marathons de danse et de la passion de la population pour le roller et organise en août 1935 le premier «Transcontinental Roller Derby» : 3.000 miles à parcourir à raison de 11h30 de patinage/ jour. La course se fait sur piste ovale et afin de pimenter le tout, on autorise les bagarres entre les candidats. Le succès va grandissant aux US et, après guerre, la notoriété de ce qu’on appelle en France le « Roller Catch » dépasse les frontières. Un 1er match a même lieu au Palais des Sports de Paris en 1947 !
Mais nous sommes encore loin du Roller Derby moderne. Pour répondre aux exigences des diffuseurs TV, le show se théâtralise de plus en plus. La crise pétrolière de 1974, qui empêche les équipes de voyager, force les annonceurs à annuler de nombreux matchs. Les choses s’aggravent progressivement jusqu’au désintérêt du public, qui, lassé d’une scénarisation à outrance se tourne vers d’autres sports dont l’image est moins contrôlée. Le roller catch tombe en disgrâce à la fin des 70’s.
Austin, Texas, été 2000, nous y voilà ! Daniel Policarpo, artiste autodidacte, pseudo alcoolique et performer à ses heures, recrute des filles dans les différentes communautés underground de la ville afin de créer une performance artistique punk-rock réunissant des clowns en délire, des ours en monocycle et des filles en patins à roulettes s’affrontant sur une piste ovale. Bien sûr, rien ne se passe comme prévu.
Les 4 filles recrutées pour être les futures capitaines des équipes du Crazy Circus : April Herman, Heather Burdick, Anya Jack et Nancy Haggerty, se rendent vite compte du grand guignolesque du projet. Elles se montrent en revanche très intéressées par la partie patinage. Policarpo, définitivement mis hors de course, elles décident donc de monter leur propre société. Bad Girl Good Woman Production (BGGW) voit le jour en 2001 et les 4 jeunes femmes créent les 4 premières équipes de roller derby: April prend la tête des Putas del Fuego, Heather, celle des Holy Rollers, pour Anya ce sera les Rhinestone Cowgirls et enfin Nancy, les Hell Cats. 50 jeunes femmes prennent part à l’aventure, mais très vite des dissensions apparaissent car les pratiquantes souhaitent prendre une part plus active dans la construction du sport, l’établissement des règles et l’évolution de celui-ci… La majorité des patineuses reprochent à BGGW de gérer le Roller Derby comme un simple business et non comme un sport démocratique où chacune pourrait jouer un rôle et contribuer à l’épanouissement de cette nouvelle pratique sportive. BGGW se scinde alors en 2 : Texas Roller Girls d’un côté et TXRD Lonestar Rollergirls de l’autre. On peut voir là, la seconde mutation du Roller Derby : Pratique sur terrain plat (Flat Track) pour les TRG et pratique sur terrain incliné (Banked Track) pour les TXRD.
Très vite, la pratique sur terrain plat se propage : août 2003, Sin City Rollergirls (Phoenix – Arizona), décembre 2003, Tucson Roller Derby (Tucson – Arizona), puis en 2004, LA Derby Dolls (Los Angeles – Californie), Gotham Roller Derby League (New York – New York), Carolina Rollergirls (Raleigh – Caroline du Nord), Rat City Roller Girls (Seattle – Washington).
En avril 2004, face au succès grandissant du Roller Derby (50 ligues aux USA, quelques équipe au Canada : Edmonton – Alberta), les patineuses décident de normaliser et de standardiser la pratique en créant l’ULC (United Leagues Coalition) qui deviendra en novembre 2005, la WFTDA (Women’s Flat Track Derby Association).
Le 1er match international a lieu en décembre 2006 et oppose les Oil City Derby Girls de Edmonton (Alberta – Canada) aux Rocky Mountain Roller Girls (Denver – Colorado).
En 2007, le sport ouvre ses portes aux hommes. La MRDA (Men’s Roller Derby Association équivalent WFTDA) voit le jour sous le nom de Men’s Derby Coalition. Il existe aujourd’hui plus de 40 ligues masculines dans le monde.
Le roller derby débarque en France en Juillet 2009 avec la création des ligues de Toulouse, de Bordeaux et de Paris. Depuis, le nombre de ligues ne cesse de croître.
